Le groupe ecolo-ulb appuie les revendications étudiantes quant au retrait des trois points qui font débat actuellement à l’ULB.
Nous sommes conscients que si les autorités de l’ULB en viennent à  prendre des décisions aussi critiquables c’est la conséquence du sous-financement chronique dont souffre l’enseignement en Belgique et singulièrement en Communauté française.
Le groupe ecolo-ulb regrette l’effet contre-productif de certaines actions menées ces dernières semaines à l’ULB mais reste convaincu qu’il est important que les étudiants continuent à se mobiliser contre les trois projets du C.A. et donc, pour un refinancement de l’enseignement en Communauté française.

Parmi les différentes actions prévues dans les prochains jours, le groupe ecolo-ulb juge que la plus pertinente est la manifestation organisée par FEF (Fédération des étudiants francophones) ce vendredi 17 novembre à 11h Place Surlet de Chokier devant le siège de la Communauté française.


 « Le 17, tous ensemble pour le refinancement ! »

     

 

Posted by Tristan ROBERTI, filed under Non classé, actualité. Date: novembre 16, 2006, 10:13 |

2 Responses

  1. Thomas Says:

    Dommage de ne pas soutenir d’autres actions un peu plus hors cadre… Et c’est une façon de voir de dire qu’elles (ces actions) sont contreproductives.

    Pour ma part je ne le pense pas, l’occupation du Chavanne peut-être
    interprétée comme une expérience d’autogestion, d’habitation du politique, … avec des critiques cinglantes et à mon sens justes d’une université à la dérive (vision à court terme démontrés par les 3 points, mais aussi étudiants pris pour de simples consommateurs de savoir, université qui se gère comme une entreprise sur le marché mondial, …).

    En ce qui concerne le blocage de ce matin, même si elle ne semble pas avoir été bien accueillie par une partie importante de l’université, le jeu des autorités dans la décredibilisation du “mouvement” (violent d’après certains dires du recteurs) et les préjugés tenaces faces à des étudiants ouvert au dialogue (ouioui, l’occupation du Chavanne avait pour objectif d’être un lieu d’ouverture) me poussent à soutenir ce blocage, plutôt que de suivre l’opinion générale.

  2. situation d'exception Says:

    Une grève humaine contre l’université entreprise
    situation-exception@no-log.org

    1. De l’institution universitaire à l’université – entreprise
    2. De l’université – entreprise à la grève humaine

    Il est évident que la situation qui se présente actuellement à l’Université Libre de Bruxelles ne relève pas d’un cas isolé mais d’une philosophie de gestion. De là sans doute la virulence des positions des camps en présence.
    Dans l’état actuel de la situation, imposé par les autorités universitaires, le temps nous manque malheureusement pour développer plus amplement cet aspect, pourtant essentiel, de la problématique.
    Une chose est claire : l’objectif des autorités universitaires est de transformer radicalement notre Université.

    —————————————————————–
    1. De l’institution universitaire à l’université - entreprise

    Nous sommes actuellement dans un système qui garantit un enseignement de masse, avec ses qualités et ses défauts, un enseignement qui garantit (plutôt mal) une certaine liberté d’accès, un enseignement qui permet à certains chercheurs et professeurs de maintenir une certaine indépendance à l’égard des pouvoirs politiques, financiers et sectaires,… Un enseignement surtout qui permet une très relative mixité sociale et un échange, une transmission de savoir qui relève un peu moins de la sphère marchande.

    Le projet des autorités universitaires, d’une bonne partie du monde politique, des intérêts économiques qui rôdent autour de l’enseignement est un business plan pour une université - entreprise.

    Concrètement : il s’agit de restreindre le nombre d’étudiants, de rationaliser l’offre de cours, de marchandiser l’espace universitaire, de rentabiliser le savoir. Les trois projets qui sont actuellement en cause auxquels on peut ajouter la privatisation de la Surveillance (appel d’offre remporté par Securitas), la disparition des lieux de convivialité ouverts à tous et non-marchand dans l’espace universitaire et évidemment l’augmentation continue du minerval (voir notamment les tribulations du minerval intérmédiaire ), ne sont que les symptômes d’une gestion basée sur le principe réaliste du rendement budgétaire.

    - En vertu du décret de Bologne (31/03/2004), à partir de 2006, le budget des institutions universitaires est basé sur une partie fixe et non plus exclusivement en fonction du nombre d’étudiant. La logique sous-jacente est de dissocier le financement public du nombre d’étudiants, l’enseignement de masse doit laisser la place à une université d’élite : L’introduction de frais d’inscription plus importants pour les étudiants peut aboutir en une efficacité accrue du système d’enseignement supérieure car, d’une part, elle implique une diminution des dépenses publiques, et d’autre part, d’une inquiétude plus importante de l’étudiant qui, tel un consommateur, recherchera une meilleure qualité vu l’investissement qu’il consentira pour son éducation. » Groupe de Travail E de la Commission européenne

    - L’espace rentable s’impose par la spéculation immobilière négociée par des gestionnaires, dans la précipitation et la vision de court terme. La vente de la Plaine, la privatisation des logements étudiants et leur introduction en bourse, rejoigne la crise du logement et de l’espace qui sévit à Bruxelles. Si l’Université dresse un plan quinquennal immobilier c’est avant tout parce qu’elle est entreprise. En tant que telle, elle doit valoriser ses terrains - non ce qui s’y fait, s’y forme. Pour les gestionnaires qui nous gouvernent, chaque espace doit avoir une fonction, toute chose doit avoir une place, chaque individu doit jouer un rôle.

    - Les principales caractéristiques du nouveau système d’enseignement sont la privatisation et la décentralisation de l’institution, l’employabilité des études, la mise en concurrence des départements et des établissements, l’harmonisation et la standardisation des compétences et le déploiement de techniques quantitatives d’évaluation. Dans ce contexte, l’éducation n’a plus sens qu’en tant que renforcement des aptitudes, des qualités professionnelles de l’individu soumis à la domination de la formation.

    Pour être dans le top 5 européen auquel se résume le projet de gestion actuel, l’Université – entreprise doit être une université d’élite, écartant de fait son caractère démocratique assuré tant bien que mal par les mouvements universitaires précédents, par certains principes inscrits, grâce à un rapport de force, dans le corps de l’Université.

    ————————————————————
    2. De l’université – entreprise à la grève humaine
    “Nous considérons que rejeter des réformes qui aggravent nos conditions de vie
    ne doit pas signifier la valorisation unilatérale de l’état de chose préexistant.”

    Personne ou presque, n’a entrepris dans ce mouvement d’universitaires une quelconque critique de l’université. Au contraire, nous avons pu assister à une valorisation unilatérale de ce qui est là, ou supposé être là, l’université « libre-exaministe », la « transmission des savoirs ». On expose les camps en présence, les réformes successives , comme s’il s’agissait d’un coup des méchantes entreprises contre la gentille université. Alors que nous faisons face à un plan de rationalisation technocratique de la collaboration entre l’université et l’entreprise -collaboration qui n’est autre que la complémentarité qui les porte à façonner ensemble la modernité du même monde, le monde du travail. Le refus de prendre en compte le discours du pouvoir qui nous fait face n’est que la conséquence de la confusion des centres de pouvoirs : il n’y a pas de divergence d’intérêt notable entre le président du Conseil d’Administration de l’ULB et le ministre de l’enseignement, pas plus qu’entre l’institut d’études européennes et la Commission, pas plus qu’entre les politiciens cooptés au conseil d’administration ou qui administrent l’université .

    Si les prémices du raisonnement - l’université progressivement marchande, c’est-à-dire rentabilisée au nom du progrès - sont généralement acceptées, ses conséquences sont presque unanimement rejetées au nom de l’illusion d’un dialogue consensuel, du voile démocratique et participatif qui recouvre une gestion entrepreneuriale.
    Soyons clair : si nous devons faire face à une université - entreprise dont les étudiants sont à la fois les clients et les ouvriers, il ne suffira pas d’avoir une opinion. Le seul langage que comprennent les administrateurs d’une société dont l’objet est le lucre est celui du profit, du coût que représente fonctionnellement le maintien d’une situation d’exception. Il s’agit de se donner les moyens de faire plier la direction de l’entreprise, de saboter la production, de bloquer ne serait-ce que temporairement les flux de savoir marchand. Croire qu’une concession conduirait à un dialogue serein, que les autorités attendent autre chose que la pacification de tous pour faire passer tranquillement leurs projets, c’est tout simplement de l’inconscience stratégique, de l’illusion démocratique.

    On peut médire de ceux qui ont reconnus le rapport de force qui nous imposé, on peut critiquer les moyens pragmatiques qui ont été adoptés pour y faire face, on peut se plaindre de l’absence d’alternative de gestion proposée, on peut se laisser dominer par ses préjugés policiers. Pourtant, il y a une chose qui est impossible à nier : c’est parce que nous sommes là que cette situation existe. C’est parce que deux conseils d’administration ont été interrompus, parce qu’un auditoire et le rectorat ont été occupé, parce que l’université est bloquée, que les revendications (adoptées par l’assemblée générale, soutenues par une bonne partie de la communauté universitaire) pourtant tellement dérisoires au regard de l’ampleur de la vente du savoir, de l’université qui est en cours, tiennent toujours.

    « Il n’y a qu’une suspension dans l’exception que donne à voir la grève et l’occupation: suspension car le retour à l’ordre qui la suivra ne verra que l’approfondissement de cet état d’exception. »

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